La société 3sigmas, basée dans le canton de Fribourg en Suisse, développe, entre autre,des solutions de numérisation 3Ddes ouvrages d’art (ponts, barrages, bâtiments historiques, pistes de ski, etc.) grâce à des technologies de modélisation 3D et de capture de nuages de points. Récemment, l’entreprise a relevé le défi de scanner, à l’aide de son MS-96, un tronçon routier en zone escarpée, afin de fournir à l'administration gestionnaire des ouvrages d'art des données précises et actualisées. Retour sur cette expérience avec Vincent Barras, Ingénieur en géomatique et Directeur de 3sigmas.
V.Barras : L’objectif de la numérisation de ce tronçon routier était d’obtenir des informations détaillées sur les ouvrages d’art longeant cette route en zone escarpée. L’administration responsable souhaitait disposer de données actualisées afin d’évaluer l’ampleur des ouvrages et leur état, dans le but d’optimiser la planification et l’organisation des travaux de maintenance.
V.Barras : Nous avons été confrontés à plusieurs reprises à des situations où l’accessibilité des sites était compliquée. Nous avions déjà testé diverses options avec nos scanners terrestres en mode Stop&Go.
L’innovation étant dans l’ADN de 3sigmas, nous avons conçu une solution adaptée à ce projet pilote mené en collaboration avec un de ses partenaires. Le relevé a été planifié juste après des travaux d’entretien de la végétation, permettant un accès dégagé de 1 à 2 mètres en aval de la route. Cela nous a offert l’opportunité de mettre en œuvre une méthode cinématique inédite.
Nous avions déjà testé un système similaire sur un bateau et un télésiège. Dès l’acquisition du MS-96 de Viametris, nous avons fait fabriquer un pied adapté permettant de fixer l’instrument sur différents supports. Ce pied et le MS96 avaient déjà été utilisés pour des numérisations à l’aide d’un chariot « maison ». Le montage pour déporté le MS96 à droite du véhicule s’est donc révélé relativement simple à concevoir.
V.Barras : Oui, tout à fait. Nous avons d’abord réalisé un double aller-retour en mode « Automotive », puis un relevé en mode déporté sur environ 1 km. L’initialisation s’est très bien déroulée, et l’acquisition a été effectuée à faible vitesse pour maintenir un déport latéral optimal d’environ 1,5 mètre.
L’ensemble du relevé a été réalisé par une seule personne. Entre le montage, l’acquisition et le rangement, tout le processus a pris environ trois heures, avec deux sessions de numérisation de 15 à 20 minutes chacune.
Le calcul des données a été effectué de la même manière qu’un relevé en mode « Automotive », sans difficulté particulière. L’intégration des trajectoires s’est avérée fluide et sans erreurs.
Nous avons constaté un fort potentiel pour cette technique. Toutefois, pour améliorer encore la couverture, il serait idéal d’accroître le déport du scanner par rapport au véhicule. Cette approche présente cependant des contraintes, notamment lors de l’initialisation ou pour contourner des panneaux de signalisation. Une solution pourrait être de rendre le scanner pivotant. Une autre idée serait de réaliser le relevé à pied, mais notre matériel actuel reste trop lourd. Nous envisageons donc de développer un chariot adapté.
V.Barras : Avec notre partenaire Géo Solutions Ingénieurs SA, ce projet sert de test pour notre client final. Si les résultats du nuage de points acquis et les compléments réalisés sont jugés satisfaisants, nous espérons obtenir d’autres mandats de numérisation de tronçons routiers.
Quoi qu’il en soit, 3sigmas continuera d’explorer les capacités du Viametris MS-96 dans des applications atypiques, en mettant à l’épreuve de nouvelles configurations et supports pour optimiser ses performances.
Site : https://3sigmas.ch/